L’annonce du résultat des élections présidentielles en France.
Dimanche 6 mai 2012, 18 heures 30 mn : Pour la 1ère fois en France, pour ces élections présidentielles, « le monde du Tweet » ose lancer les premiers résultats avant l’heure, chacun avec ses sources principalement collectées de l’étranger. Les noms de codes ou les titres publiés montrent que l’imagination est au pouvoir : au pouvoir de Twitter. On se croirait en France occupée, durant la 2ème Guerre mondiale, en train d’écouter les messages à la radio de Londres. On est passé du message répété : « Les sanglots longs Des violons De l’automne Blessent mon cœur D’une langueur Monotone » à « Afflelou offre 5% de réduction pour les lunettes vertes ».
Dimanche 6 mai 2012, 20 heures : François Hollande est annoncé avec un résultat voisin de 51,90% selon les Instituts. A Gauche c’est la joie, à Droite c’est la tristesse !
Entre le débat télévisé du 2 mai 2012 pour le 2ème tour et les résultats d’aujourd’hui, faut-il voir un impact ?
Ma réponse
A mon avis, le débat pourtant très suivi à la télévision n’aura apporté que très peu de changements dans les comportements. Il n’aura pas été l’élément déclencheur de la décision de vote de ceux qui ont voté pour un autre candidat au 1er tour ou de ceux qui se sont abstenus.
Ma lecture des évènements
Quels résultats pouvait-on attendre du débat du 2ème tour et quel rôle ce débat aura pu avoir dans la décision de votes des électeurs ?
Les innombrables commentaires des journalistes, des politologues et des politiques s’appuient sur des analyses diverses et variées où on lit de tout et le contraire. Je propose plutôt que nous nous intéressions aux avis exprimés des Français qu’on peut connaître à travers des sondages ou enquêtes réalisées après le débat et pourquoi pas par les commentaires de lecteurs dans les sites Internet. Entre la position des proclamés « spécialistes » et celle de l’opinion publique consultable, la différence éclate !
Les téléspectateurs privilégient les comportements visibles des 2 candidats et les experts analysent les contenus exprimés ou sous-jacents davantage aux pensées, aux convictions, aux principes, aux objectifs, aux résultats. Ils déclinent la sphère de la pensée. Le public des électeurs cherchent la persuasion, l’harmonie, les valeurs, l’harmonie, le personnel. Ils évolueraient dans la sphère des sentiments et des émotions. La coupure ne serait pas si grave si les candidats étaient restés eux-mêmes lors de ces presque 3 heures d’affrontements. Car on connait Nicolas Sarkozy et François Hollande pour leurs pensées et pour leurs expressions.
Sauf que lors de ce débat, tellement préparé, tellement répété, le naturel a été écarté. Tout était monté et contrôlé : l’environnement avec une salle où la climatisation avait été négociée, avec une température adaptable à tout instant, tenue sous contrôle du candidat. La hauteur du siège mainte fois essayée. Le maquillage du visage devenant un masque figeant le candidat et le privant de ses libres expressions du visage. Même la veste ouverte ou fermée tenait compte d’une décision stratégique. En dehors de cette description du « tableau », qui agissait ?
Les coaches, les stratèges qui ont écrit le scénario ou plutôt la scénarisation. On en voit les effets sur LA POSTURE physique de chacun. Mais sur le fond, sur le contenu, le corset était encore plus rigide. Pour une fois, l’oreillette ou le prompteur n’intervenait pas à la télévision, mais virtuellement, il est possible de penser à pire situation.
Nos intervenants sont apparus graves et tendus, mais plus que par tension du moment, ce fut par volonté et capacité à tenir le rôle que les coaches ou conseils leur avaient dit de tenir.
Car je pense qu’aussi bien Nicolas Sarkozy que François Hollande ont une expérience telle de la politique et des confrontations, doublée d’une confiance en eux-mêmes telle qu’ils pouvaient dominer le stress de l’enjeu et qu’ils auraient pu jouer dans leur registre naturel respectif.
Et le débat aurait eu alors son vrai déroulement, tel que les téléspectateurs l’attendait. Un débat où chaque futur votant aurait aimé retrouver les comportements habituels qu’ils aimaient ou qu’ils détestaient vis-à-vis de chaque candidat.
Autre conséquence : un aboutissement plus négatif encore, à force d’attaques tellement étudiées, tellement insistantes, faisant feu de tout bois ; les téléspectateurs ont eu au final droit à voir des comportements se préciser, voire éclater. Des comportements un peu hors des standards des directives planifiées.
Le malheur est que l’on a pu assister à des comportements d’attaques ou de débordements qui ont pu paraitre excessifs, donc qui n’auront pas forcément séduit la frange indécise des électeurs qu’il restait à convaincre.
Mon interprétation
Le débat est devenu tellement médiatisé qu’il ne peut qu’être vécu comme inférieur aux attentes provoquées.
Le débat est tellement préparé et contrôlé qu’aucun téléspectateur n’aura retrouvé le candidat qu’il a choisi ou le candidat qu’il a écarté, selon le profil qu’il a construit pour chacun, au fil du temps.
Les comportements observés durant le débat ne sont plus trop en coïncidence avec les comportements habituels qu’on a identifiés et pour lesquels on s’est déterminé.
A tout vouloir faire le mieux possible, on a déshumanisé le débat : « le mieux est l’ennemi du bien ». On connaissait déjà les thèses et les oppositions entre chacun.
Alors, les électeurs téléspectateurs voulaient observer les attitudes, les comportements, les réactions pour juger les hommes politiques, s’affrontant en direct.
Ils ont vu de belles mécaniques, bien rodées sur un parcours bien balisé.
